Programme de lutte contre la mortalité maternelle et néonatale - District sanitaire de Siguiri
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Présentation du projet

LOCALISATION : District sanitaire de Siguiri en République de Guinée
DUREE : quatre ans 2015-2018
FINANCEMENT : assuré par la Société AngloGold Ashanti

REPUBLIQUE DE GUINEE
Seuil de pauvreté (<1$/jour) 40% de la population
Taux d'alphabétisation des jeunes femmes (% de femmes âgées de 15 à 24ans) 22% en 2010
Part du budget de l’Etat réservée à la santé 3,5 % en 2010*
Dépense de santé/habitant/an 30$
Espérance de vie (hommes) à la naissance 55 ans
Natalité 39,7 ­­‰
Age médian des filles au 1er mariage 16 ans
Indice synthétique de fécondité 5,1 enfants par femme (2012)
Prévalence du VIH (% de la population âgée de 15 à 49 ans) 1,7
Taux de mortalité maternelle 610 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes
Taux de mortalité infantile (< 5ans) 101 pour 1000 naissances (2012)

La préfecture de Siguiri

Elle est située à 798 km nord-est de Conakry, la capitale de la Guinée, à 133 km de Kankan, le chef lieu de la région administrative, et à 212 km de Bamako (Mali).

Elle englobe la commune urbaine de Siguiri, 12 communautés rurales de développement et 129 districts. Elle est limitée au Nord et à l’Est par le Mali, à l’Ouest par les préfectures de Dinguiraye et de Kouroussa et au Sud par les préfectures de Kankan et de Mandiana.

Sa population est de 513 960 personnes (population actualisée 2013) avec une frange importante rurale (80%) contre 20% urbaine.

La région de Siguiri est une zone de savane arborée et arbustive où sont pratiqués l’agriculture itinérante et l’élevage extensif au bord du fleuve Niger. Le climat est tropical sec avec deux saisons des pluies faibles et des températures très élevées, que le vent dominant, l’harmattan, ramène cependant de 40°C à 25°C.

L’exploitation de l’or est la première activité pour 80% de la population rurale et pour 50% de la population de la ville . C’est la première source de revenus monétaires de la région avec un revenu de 8 à 10 milliards de Gnf par semaine.

Mais cette exploitation aurifère, malgré sa place dans la vie économique, a des conséquences sociales pour les orpailleurs qui exploitent de petites concessions (déperdition des enfants non scolarisés, divorces, mariage saisonnier, consommation de la drogue, propagation des maladies sexuellement transmissibles…) et environnementales (destruction de l’éco système).

La carte sanitaire comporte 165 postes de santé (dont 52 intégrés fonctionnels), 12 centres de santé et un hôpital préfectoral (HPS). Ce dernier situé à Siguiri, il comprend :

L'électricité n'est pas constante et l'eau est fournie par des bidons remplis au fleuve.

Le personnel titulaire est constitué de 12 médecins, 1 pharmacien, 42 ATS, auxquels il faut ajouter de nombreux bénévoles, les étudiants en stage clinique et les élèves ATS.

CONSTATS ET CONTEXTE

Les taux de morbidité et de mortalité maternelles et néonatales dans le district sanitaire de Siguiri restent à des niveaux très élevés :

749 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes.
222 décès de nouveaux nés pour 1000 naissances
Un accouchement sur 8 se solde par un mort né

LES CAUSES DE LA MORTALITE MATERNELLE ET NEONATALE

On peut distinguer trois catégories de causes de mortalité maternelle et néonatale :

LES CAUSES STRUCTURELLES :

Pour un besoin minimum de 70 structures de soins obstétricaux d’urgence de base (SOUB), le pays ne dispose d’aucune formation qui développe les 6 fonctions essentielles :

12% des accouchements sont assistés par un personnel qualifié pour un minimum acceptable de 15% ;

21% de complications sont prises en charge pour un minimum acceptable de 100% ;

L’insuffisance en ressources humaines tant en quantité qu’en qualité, notamment en ce qui concerne l'affectation des SF dans les CSR.

La répartition inégale des ressources humaines entre les régions avec une pénurie dans les zones les plus enclavées.

L’insuffisance des équipements médico-techniques ; le manque notoire d’équipement de réanimation du nouveau-né.

LES CAUSES FONCTIONNELLES :

Faible utilisation des services de santé en général et de la santé de la reproduction en particulier, surtout en zone rurale, et notamment pour les consultations prénatales ;

Les consultations prénatales (CPN) sont le plus souvent tardives (ou absentes): les femmes ne consultent qu’au dernier mois de leur grossesse, car peu informées des risques encourus par l’absence d’un suivi régulier. Il paraît évident que la gratuité des soins pour les femmes enceintes a contribué à une fréquentation accrue des structures de soins mais pour la CPN du dernier mois.

Le manque de formation des accoucheuses villageoises (AV) : pour la plupart choisies par les villageoises pour leur âge et leur expérience, elles sont peu ou pas du tout formées au dépistage des signes précurseurs d’une urgence obstétricale. De ce fait, elles ne pensent pas à référer les femmes aux structures de santé si besoin ou bien le font trop tard.

Les lacunes chez les agents de santé dues à l’absence de formation SONU et PTME : seulement 20 heures de cours de gynéco obstétrique sont dispensées pendant leurs études. La formation SONU est proposée au niveau régional une à deux fois par an, mais le nombre de participants est limité à une dizaine, ce qui entraîne l’insuffisance dans la détection et la prise en charge des complications de la grossesse et de l'accouchement ; de plus, pour les postes de santé, les agents nouvellement mutés n'ont reçu aucune formation Sonu

Le retard ou l'absence des références des femmes enceintes à risque vers une structure de soins (éloignement du centre de santé rural (CSR), coût du transport, absence de moyens de communication, manque de connaissances)

Faible utilisation des méthodes contraceptives

Cette situation explique la mauvaise prise en charge des femmes et le faible niveau des indicateurs par rapport à ceux recommandés par l'OMS.

LES CAUSES EPIDEMIOLOGIQUES :

Par ordre de fréquence, les pathologies causales de mortalité maternelle sont :

Pour les nouveaux nés :

Pour la préfecture de Siguiri, sur la base des statistiques hospitalières, il ressort que la mortalité maternelle est restée presque stable, tandis que la mortinatalité a plus que doublé, même si quelques résultats encourageants sont notés dans l’évolution de la prise en charge obstétricale et de l’accouchement (voir graphiques ci dessous)

Eu égard à leur mission, l’Association les Enfants de l’Air, les autorités sanitaires locales et l’ONG KOSIMANKAN ont formalisé ce projet dans le but de contribuer à la réduction de la morbi-mortalité maternelle et de la mortinatalité à travers le renforcement des capacités du personnel médical et paramédical de l’HPS, des agents de santé des centres de santé, des AV des villages cibles et la sensibilisation des populations cibles.

LES OBJECTIFS DU PROJET

Objectif Général

Contribuer à diminuer la mortalité maternelle et néonatale dans le District Sanitaire de Siguiri

Objectifs spécifiques

MODALITES DU PROJET 

Les actions de formation

Formation de 360 accoucheuses villageoises:

Les AV sont des personnes volontaires choisies à cet effet par les communautés (chef et conseil de village).

Ce sont le plus souvent des femmes illettrées, ayant eu des enfants et reconnues par les femmes du village.

A ce niveau, le projet comprend les actions suivantes :

Une session de 5 jours consécutifs sera organisée dans chacune des 12 aires de santé pour 10 AV par CSR,  soit 12 sessions par an.

Utilisation d’un matériel didactique qui consiste en un livret pagi voltes sans texte, illustrant les connaissances de bases et certains gestes. Ce manuel devra comporter 5 chapitres :

 

En ce qui concerne la technique pédagogique, l’enseignement ne peut être qu’oral et démonstratif. Il repose sur la mémorisation des images du livret, en exposant chaque partie du programme, en répétant le discours et l’examen des pages du livret, en faisant la démonstration des gestes de soins. Cette stratégie mérite une implication d’envergure des AV en les amenant par exemple à identifier les problèmes qu’elles rencontrent au cours de leur exercice puis à trouver des solutions consensuelles avec elle en vu d’éliminer les facteurs de risque.

Ces AV percevront un perdiem pour dédommagement de frais de transport, de repas, et motivation.

Un certificat de participation leur sera remis à l'issue de ces 5 jours

Les objectifs :

Proposer aux AV des outils de dépistage des facteurs de risque de la grossesse afin de leur donner les moyens de repérer les pathologies et d'envisager un transfert précoce vers la maternité la plus proche.

De plus, ces AV formées auront à sensibiliser les femmes de leur village sur l’importance d’un suivi régulier de leur grossesse et à les informer sur la planification familiale et sur l’intérêt de l’espacement des naissances.

L’impact sera d’autant plus important que les femmes font une entière confiance à leur AV, et que ce sont ces AV qui délivrent actuellement les contraceptifs.

Formation de 100 agents de santé  des CSR et des postes de santé 

A la maternité de l' HPS, pendant 5 jours consécutifs de 8h à 18h, pour pratiquer des accouchements, des réanimations néonatales, être formés aux soins obstétricaux néonatals d’urgence et sur le diagnostic et la prise en charge préventive et curative du paludisme chez la femme enceinte et les enfants < 5ans

Une session pour 2 ATS est prévue chaque mois, soit 12 sessions par an

Ils reçoivent un perdiem pour transport, pause-repas et motivation

Les objectifs :

Application correcte des protocoles SONU

Proposer aux agents de santé des outils pour gérer les références obstétricales

Favoriser un échange communicatif entre ces structures rurales et la maternité de l'HPS dans le cadre de l’amélioration de la prise en charge des pathologies liées à la grossesse et au travail d’accouchement.

Organiser le suivi des activités des AV tout en les motivant.

Meilleure prise en charge préventive et curative des cas de paludisme grave

La formation des personnels (7médecins, 6 SF et 42 ATS) de l'HPS

Elaboration conjointe des protocoles d’hygiène et des plans d’actions pour les standards de performance pour les mesures de prévention des infections selon les directives des drafts du MSP.

Formations complémentaires sur la prise en charge intégrée de la grossesse

Formation à la médecine néonatale

Apport des appareils et formation à l’échographie obstétricale du personnel soignant : médecins obstétriciens, pédiatres, sages femmes avec en deuxième temps la création d'un dépistage forain avec un échographe portable.

Amélioration de la prise en charge des césariennes et des pathologies concomitantes :

Ces activités seront réalisées conjointement par un compagnonnage des formateurs EDA auprès du personnel soignant local.

La formation de 120 acteurs communautaires

chaque acteur est formé sur les techniques d'IEC en milieu communautaire dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le paludisme

Ils reçoivent un perdiem pour transport, pause-repas et motivation

 

L’équipe de formation :

 

Le Coordonnateur : ONG Kosimankan

Les Sages Femmes formatrices dans les C.S.R : ONG Kosimankan

Les Sages Femmes formatrices à la maternité : SF de l'HPS

L'équipe cadre de la DPS

Les médecins, chirurgiens, sages femmes et infirmières d'EDA

Un personnel Administratif :

Composé d'une assistante technique (rédaction des rapports d’activités, planification et suivi des activités sur le terrain, gestion des données du projet, participation active aux différentes sessions de formation), d’une secrétaire pour la gestion administrative du projet (collecte des documents comptables, saisie des rapports d'activités, sécurité et gestion du bien matériel et immobilier) et d’un chauffeur transport des équipes ; ils bénéficieront d’un traitement salarial.

Dotation de matériels et consommables :

Pour la maternité de l’HPS

Pour les CSR

Kit pour les AV : stéthoscope obstétrical, tablier, alèse, gants à usage unique, compresses, clips pour cordon, lampe frontale, désinfectant pour cordon, classeur avec un résumé des cours en images

Apport de kits palu grave dans les CSR

Références

Sensibilisation :

Sensibilisation, par le biais des radios communautaire de la Préfecture de Siguiri, des femmes en âge de procréer sur les risques liés à la grossesse et au travail d’accouchement et à la prévention du paludisme.
Ces messages seront transmis soit sous forme de magazines, de reportages ou de microprogrammes

PUBLIC CIBLE ET BENEFICIAIRES 

Les groupes cibles :

360 AV formées puis contrôle des acquis à 2 mois et 6 mois après leur formation ; 6 sages femmes et les ATS de la maternité hospitalière

100 agents de santé structures de santé qui, en l’absence de sages femmes, pratiquent les accouchements et qui par la formation SONU, amélioreront leurs pratiques.

120 agents de santé des structures de santé formés au diagnostic et à la prise en charge du paludisme

5 chirurgiens gynéco-obstétriciens, 2 médecins pédiatres, 4 SF de l'HPS pour la formation en échographie

2 médecins pédiatres et 6 ATS du service de pédiatrie pour la médecine néonatale

42 ATS de l'HPS pour l'hygiène hospitalière et Soins Infirmiers

120 acteurs communautaires formés pour la prévention du paludisme

Les sessions de réévaluation-formation permettront d’adapter les lieux, les modalités et le contenu des formations et la pertinence de l’apport des matériels.

Bénéficiaires finaux:

102 792 femmes en âge de procréer et 80 000 nouveaux nés qui verront diminuer les risques de mort :

23128 femmes enceintes sensibilisées sur l'intérêt de l'utilisation des Milda et de la chimioprophylaxie palustre basée sur le TPI

92 512 mères et 73 422 chefs de ménages sensibilisés sur l'utilisation des Milda pour la prévention du paludisme chez les enfants < 5ans

411 608 habitants vivants en milieu rural sur 513 960 habitants pour toute la préfecture sensibilisés à la mortalité maternelle, les conséquences de paludisme pour la mère et l'enfant et les moyens de sa prévention

PILOTAGE ET EVALUATION DU PROJET

Le suivi des activités :

1/ Cellule de Gestion

Une cellule de gestion de l’intervention est constituée. Elle est composée par :

La cellule de gestion se réunit chaque trimestre ou plus souvent en phase de démarrage. Elle dresse le calendrier des sessions de formation, évalue l’état d’avancement des activités, assure la collecte et le contrôle de l’ensemble des indicateurs et des standards, identifie d’éventuels difficultés et retards afin d’y remédier, établi les rapports technique et financier du projet.

Un rapport de réunion est dressé lors de chaque rencontre et transmis au référent EDA.

2/ Comité de Pilotage

Un comité de pilotage est constitué afin de veiller à la bonne marche du projet et au respect des engagements des différentes parties. Le comité de pilotage est composé de :

Le comité de pilotage est présidé par le Préfet. Il se réunit deux fois par an ou à la demande d’un de ses membres. Ses réunions font l’objet d’un procès-verbal signé par tous ses membres.

3/ Comité Technique

Un Comité Technique est constitué par un représentant projet Kosimankan, un représentant de la DPS, une SF EDA, une SF formatrice.

Il est en charge du suivi formatif des AV, des ATS et AC ; 10 sorties/an d'une journée réalisée auprès d'un échantillon.

Le suivi comptable et de gestion financière :

est réalisé à trois niveaux :

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